Témoignages

Ces témoignages proviennent de personnes victimes ou témoins d’abus dans des hôpitaux psychiatriques de Suisse romande.

J’accumule fatigue, stress et je consulte un médecin qui diagnostique “dépression légère”. Plutôt que de me proposer du repos, on m’envoie à l’hôpital psychiatrique, on me bourre de médicaments, me laisse seule. Je n’arrive plus à penser, plus à parler ni même à marcher, je suis un zombie.

E.L.

À la clinique, ils m’ont “bourré” de somnifères (pilules, liquides, injections), j’étais très mal. Ils exagéraient avec les médicaments, car je devais travailler mais je tombais de sommeil à cause de la fatigue et du mal-être en général. Tout changeait lorsque j’étais à la maison. Je me trouvais gai et m’amusais sur mon ordinateur. En revanche, en clinique, j’étais triste, je m’ennuyais terriblement et voulais mourir.

R.S.

J’ai, entre autres, dû supporter des séjours en cellule où je ne pouvais guère dormir plus d’une heure à cause des cris et des coups des autres démentes des autres cellules. On m’a également administré des piqûres de force qui m’ont mise dans un état épouvantable, j’ai eu de la fièvre jusqu’à 40°, je ne pouvais rester ni debout, ni assise, ni couchée.

J.B.

Si je refuse de prendre mon traitement car il ne me convient pas, on me fait une injection de force. Plusieurs soignants me tiennent pour que je ne bouge pas, je suis presque nue sur mon lit avec tous ces regards sur moi…

E.L.

Au début de mon internement, je n’avais droit à aucun appel, pas de sortie et mon mari n’avait le droit de me voir que 10  minutes par jour. S’il demandait à me voir plus de 10  minutes, cela était automatiquement refusé et ce sans raison ni explication. Le jour de Noël, mon mari a pu manger une heure et demie avec moi et c’est tout. J’ai passé 10 jours en chambre.

M.T.

Conditions de “détention” traumatisantes:
– 15  minutes de sortie par jour sous surveillance (elle passe son temps au fumoir avec d’autres malades)
– pas d’intimité, un homme (40 ans au moins) est rentré 2 fois de suite dans sa chambre
– ils l’isolent de plus en plus, le père de l’enfant n’a le droit de la voir qu’une heure par jour et moi de moins en moins!
– ils lui crient dessus car elle se rebelle.

Une mère à propos de sa fille

Toutes mes affaires sont sous clé. Même pour une culotte, il faut que je demande. Pas de téléphone, on me prend mon natel qui est le seul lien que j’ai avec mes proches.

E.L.

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