La CCDH révèle les atteintes aux droits de l’homme dans le domaine de la psychiatrie et de la santé mentale.

 

À l’occasion de son 50anniversaire, la Commission des Citoyens pour les Droits de l’homme récompense des réalisations exceptionnelles et passe en revue ses réalisations.

Article original de CCHR International

19 avril 2019

Des défenseurs des droits de l’homme, des législateurs, des médecins, des avocats et des leaders communautaires et civiques du monde entier se sont réunis à l’hôtel Langham à Pasadena le 13 avril pour célébrer le 50anniversaire de la Commission des citoyens pour les Droits de l’homme (CCDH) et la remise des Prix des Droits de l’homme. Des dizaines de proclamations, d’éloges et de lettres de félicitations par lesquels des groupes gouvernementaux et communautaires rendent hommage à cette étape importante de la CCDH témoignent des nombreuses réalisations de cette association dans le domaine des droits de l’homme.

  • Niall McLaren, psychiatre australien, a écrit que le travail de la CCDH est « essentiel si nous voulons contrer la propagande sans fin de la psychiatrie déshumanisante » et « l’idée que les jeunes malheureux ou en difficulté doivent avoir leurs droits humains retirés et recevoir des drogues pour devenir normaux. »
  • Oleg Kilkevich, enseignant en soins infirmiers dans une université américaine, a déclaré que la CCDH « a une longue histoire de lutte courageuse et acharnée en faveur des droits de l’homme. Elle a été à l’origine de nombreuses grandes réformes qui protègent aujourd’hui les patients contre les “traitements cruels, inhumains ou dégradants” comme cela est spécifié dans l’article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ».
  • Le professeur Lothar Krappmann, ancien membre du Comité des droits de l’enfant de l’ONU, a écrit ceci : « Si vous soulignez que j’ai accompli quelque chose pour les enfants qui sont soumis à de faux diagnostics et à des traitements incorrects, je dois alors préciser que cela a été possible grâce aux bonnes informations et aux documents que la CCDH m’a transmis. »

Chaque année, la CCDH décerne des Prix des Droits de l’homme à des personnes qui font preuve d’un courage exemplaire dans la lutte pour le rétablissement des droits humains fondamentaux dans le domaine de la santé mentale.

Cette année, les lauréats du Prix des Droits de l’homme de la CCDH sont les suivants :

  • Depuis plus de 30 ans, le procureur texan Andy Vickery affronte les entreprises pharmaceutiques pour condamner les effets de violence et de suicide provoqués par les psychotropes. La sentence pour 6,4 millions de dollars prononcée en faveur de la famille d’un homme qui avait tué trois proches, puis s’est suicidé après avoir pris l’antidépresseur Paxil a transpercé l’armure de la défense juridique de cette industrie. M. Vickery considère qu’il faut aller au-delà des obstacles et de l’opposition pour dénoncer et obtenir ce qui est juste. Sa passion pour la justice envers les victimes des drogues psychiatriques a incité le journal Indianapolis Star à le surnommer « le cauchemar juridique d’Eli Lilly and Co ».

  • Lors de la remise de ce prix, M. Vickery a déclaré ceci : « Cette année, la CCDH célèbre son 50e anniversaire d’expression de la vérité aux personnes influentes. Autrement dit, elle a transmis une vérité impopulaire, mais essentielle aux personnes qui détiennent le pouvoir et qui ne désirent peut-être pas l’entendre. » « Je vous félicite pour votre dévouement et votre ténacité et je salue les efforts de la CCDH et son soutien continu dans ce sens. »
  • Le cinéaste Kevin P. Miller, lauréat du Prix
    des Droits de l’Homme 2019 de la CCDH

    Kevin Miller, scénariste, producteur et réalisateur, a mis en évidence les préjudices profonds et pénibles des psychotropes dans ses documentaires inimitables Generation Rx et Letters from Generation Rx. Les millions d’antidépresseurs et autres psychotropes prescrits ont montré les dangers cachés de ces médicaments. Ces documentaires racontent l’histoire de milliers de personnes qui ont personnellement vécu ces méfaits. « Nous devons nous plonger dans la vie d’autres personnes victimes de tels méfaits ou qui ont subi ce genre de pertes inconcevables » qui sont présentés dans ces documentaires, a déclaré M. Miller. « Ce soir, c’est le courage que nous honorons tous au moment de rendre hommage à la CCDH et à tout ce qu’elle représente et soutient, son 50e anniversaire de défense des droits de l’homme. »

  • Allison Folmar, avocate des libertés civiques à Detroit

    Allison Folmar, avocate des libertés civiques à Detroit, s’est également spécialement exprimée lors de ce gala, déclarant : « En tant qu’avocate des libertés civiques qui travaille depuis de nombreuses années avec la CCDH, je suis honorée d’être ici pour rendre hommage aux 50 années que la CCDH a passé à lutter pour la justice et les libertés dans le système de la santé mentale. » Mme Folmar s’est également dit honorée d’être la dernière personne à devenir membre du conseil consultatif de la CCDH International : « De faire maintenant partie de ce groupe prestigieux de conseillers me donne encore plus envie de mettre sur pied une armée encore plus nombreuse d’avocats pour combattre aux côtés de la CCDH », parce que « trop de parents, trop de familles ont été lésés, trompés, menacés, contraints et forcés par l’industrie psychiatrique. »

En 1969, la CCDH a été co-fondée par l’Église de Scientologie et Dr Thomas Szasz, professeur de psychiatrie. Son premier cas d’abus concernait le sort du réfugié hongrois Victor Gyory qui avait été interné contre son gré à l’hôpital d’État Haverford en Pennsylvanie après que des psychiatres aient diagnostiqué son « bafouillage dans le langage » comme une « schizophrénie ». Il avait reçu des drogues et des électrochocs contre son gré. La CCDH a déposé une ordonnance d’habeas corpus. Le Dr Szasz a certifié que le « bafouillage » de Gyory était du hongrois et la CCDH a obtenu sa sortie de l’hôpital.

Comme l’a déclaré le regretté Thomas Szasz, cofondateur de la CCDH, « La tâche que nous nous sommes fixée, à savoir combattre la coercition psychiatrique, est importante. C’est une noble tâche que nous devons poursuivre, quels que soient les obstacles. Notre conscience exige que nous ne fassions pas moins que cela. »

Au début des années 1970, durant l’apartheid en Afrique du Sud, la CCDH a découvert que des psychiatres avaient interné 10’000 Noirs et les utilisaient comme esclaves. La CCDH a documenté leurs crimes, parmi lesquels le fait de leur administrer des électrochocs sans anesthésie et de les laisser mourir de maladies ordinaires faciles de traiter. Elle les a dénoncés à l’Organisation mondiale de la santé qui a mené son enquête sur ces camps, puis a publié un rapport en 1983, déclarant que « dans aucun autre domaine médical... il existe un tel mépris de la personne par racisme, exprimé avec autant de précision que dans la psychiatrie ».

Après la chute de l’apartheid, la CCDH a obtenu une enquête officielle du gouvernement sur le racisme psychiatrique dans les institutions psychiatriques. Elle a également témoigné devant la Commission Vérité et Réconciliation d’Afrique du Sud, présentant un historique détaillé sur les études de santé mentale qui ont contribué à enraciner et à perpétuer l’apartheid, ainsi que le rôle de la psychiatrie dans les abus de l’apartheid. En 2001, un ministre du gouvernement sud-africain a félicité la CCDH pour son courage, sa bienveillance et son combat exemplaire contre la psychiatrie de l’apartheid qui avait « ouvertement discriminé le peuple noir ».

En 1976, la CCDH a contribué à l’adoption en Californie d’une loi interdisant l’utilisation des électrochocs (ECT) et de la psychochirurgie sur les enfants et les adolescents. Aujourd’hui utilisée comme modèle dans le monde entier, cette loi a motivé d’autres pays à adopter des restrictions et, en Australie-Occidentale, des sanctions pénales si l’ECT était administrée à des mineurs.

Pendant une décennie, la CCDH a enquêté et dénoncé les traitements par sommeil profond (DST) à l’hôpital psychiatrique privé Chelmsford de Sydney en Australie. Les patients – dont 48 sont morts – étaient rendus inconscients par des médicaments et des électrochocs administrés quotidiennement. Suite à cela, une loi sur la santé mentale a été adoptée en 1983 qui précisait que l’utilisation des DST par les psychiatres était un acte criminel. Puis en 1990, une Commission Royale s’est penchée sur les DST et les traitements psychiatriques. Patrick Griffin, avocat australien qui représentait la CCDH dans cette Commission Royale, a déclaré ceci : « La campagne menée par la CCDH au sujet de l’hôpital Chelmsford et pour la mise sur pied d’une Commission Royale a été l’opération la plus longue et la plus approfondie de l’histoire de ce pays en matière de dénonciation, d’investigation et de travail d’intérêt général – sans pareil ! ».

Après que la CCDH ait dénoncé les conditions inhumaines pratiquées dans les asiles italiens, 97 d’entre eux ont été fermés et les patients ont été secourus et ont appris à prendre soin d’eux-mêmes pour la première fois de leur vie.

En Allemagne, la CCDH a enquêté sur le rôle qu’ont joué certains psychiatres allemands et l’Institut de psychiatrie Max Planck dans l’Holocauste, notamment en aidant à légitimer la stérilisation et le meurtre des personnes déclarées « inaptes ». En 2017, le Dr Peter Shulte, sociologue, a écrit ceci en réponse à cette enquête : « L’Institut de psychiatrie Max Planck a fait tout ce qu’il pouvait pour empêcher la réfutation ou la suppression des allégations sur son passé. »

Cependant, la recherche de la CCDH a culminé par la publication en 1995 de Les psychiatres : les hommes derrière Hitler. En 2010, le Dr Frank Schneider, président de l’Association allemande de psychiatrie, de psychothérapie et de psychosomatique (DGPPN), a exprimé par écrit ses excuses et a avoué que les psychiatres allemands « ont menti et trompé les patients qui étaient sous leur responsabilité, ainsi que leurs familles, en leur imposant la stérilisation, en organisant leur mort et même en les tuant eux-mêmes. Ils ont également assassiné des enfants physiquement et mentalement handicapés dans plus de 30 hôpitaux psychiatriques et pédiatriques. » La DGPPN est même allée plus loin en disant que les psychiatres avaient aussi « établi les bases scientifiques du programme d’euthanasie ».

En 1991, la CCDH a fortement contribué à ce que des audiences soient tenues par la FDA sur les antidépresseurs et les réactions suicidaires et meurtrières qu’ils provoquent chez les patients qui en prennent. Il a fallu 13 ans de travail acharné avec l’aide de parents, d’experts médicaux et d’avocats pour forcer la FDA à émettre une mise en garde « encadrée en noir » signalant que les antidépresseurs peuvent provoquer des pensées et des actes suicidaires chez les personnes âgées de 18 ans et moins – une mise en garde qui a été prolongée jusqu’à 24 ans.

En 2004, la CCDH a également participé à l’acceptation d’une loi fédérale aux États-Unis (Interdiction de l’utilisation sécuritaire de médicaments chez les enfants) qui interdisait aux écoles de forcer les élèves à prendre des psychotropes prescrits par un médecin comme condition préalable à leur scolarisation.

En 2007, la CCDH a contribué à garantir que le projet de loi de réforme de la FDA rende obligatoire dans toutes les publicités pharmaceutiques écrites la recommandation aux patients de signaler les effets indésirables des médicaments directement à la FDA. Suite aux premières publicités, le nombre de rapports sur des effets indésirables de médicaments a augmenté de 33 %.

Pendant près de 30 ans, la CCDH a mené des enquêtes sur les fraudes psychiatriques, incluant des psychiatres qui commettaient des abus sexuels sur leurs patients qu’ils facturaient par la suite comme « thérapie », qui facturaient des traitements jamais dispensés et même des traitements à des patients qui étaient morts. Les hôpitaux psychiatriques qui pratiquaient qu’avec des buts lucratifs ont donc dû payer plus de 2 milliards de dollars en amendes au niveau civil et pénal depuis le début des années 90. La CCDH a contribué à l’adoption de 28 lois dans le monde entier qui édictent maintenant que tout abus sexuel de patients par des praticiens de la santé mentale est considéré comme une infraction criminelle passible de prison. Et 170 psychiatres et psychologues en moyenne sont actuellement sanctionnés ou condamnés chaque année pour des crimes, notamment pour des abus sexuels et des escroqueries.

La CCDH a écrit à de nombreuses reprises au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies (CDE), signalant la prescription massive de psychotropes aux enfants dans 14 pays. La CDE a réagi en tenant des audiences sur le taux croissant d’enfants dont le diagnostic indiquait un trouble de l’hyperactivité avec déficit de l’attention (TDAH) avec prescription de psychostimulants. Elle a recommandé la mise en place d’un système de « surveillance de l’usage excessif de psychostimulants chez les enfants ».

En 2010 et en 2012, la CCDH de Nouvelle-Zélande a rapporté au Comité des Nations Unies contre la torture des violations des Droits de l’homme à l’hôpital de Lake Alice où des ECT et d’autres techniques psychiatriques coercitives ont été utilisées pour punir des enfants. L’ONU a réagi en ordonnant au gouvernement néo-zélandais de mettre en place des systèmes pour éviter à l’avenir les abus psychiatriques.

Le travail fait par la CCDH pendant des décennies pour dénoncer la forme de torture des traitements psychiatriques a été reconnu dans un rapport du Rapporteur des Nations Unies sur la torture en 2013 qui condamnait les traitements de choc utilisés de façon coercitive et appelait les États à « imposer une interdiction absolue de toute intervention médicale forcée ou non consentie sur des personnes handicapées, notamment l’administration non consentie de psychochirurgie, d’électrochocs et de psychotropes ».

Près de 200 lois et d’innombrables règlements garantissant les Droits de l’homme dans le domaine de la santé mentale témoignent aujourd’hui de la passion et de la persévérance des membres, partenaires et partisans de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’homme.

 

Alors que le 8ème Congrès mondial de la santé mentale des femmes a eu lieu à Paris du 5 au 8 mars dernier, la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme (CCDH) a tenu son exposition Psychiatrie: la vérité sur ses abus du vendredi 1er au jeudi 14 mars 2019 au 5 rue du Cloître Saint-Merri à Paris.

Le cocktail d’inauguration a eu lieu le vendredi 1er mars 2019 à 20h. L’exposition était ouverte au public du 1er au 13 mars de 10h à 21h, et le 14 mars de 10h à 18h.

Une conférence-débat sur le thème: «Situation de la psychiatrie en France» a eu lieu le mardi 12 mars 2019 à 20h en présence de la Présidente de l’association.

Le 8ème Congrès mondial sur la santé mentale des femmes avait pour sujet les femmes et plus précisément les femmes enceintes, les jeunes mamans et également les nouveau-nés et les enfants.

Au regard des nombreux abus et traitements inhumains et dégradants de la psychiatrie, la CCDH s'inquiète pour la santé et le bien-être des femmes et des enfants.

Tout d'abord, la CCDH a obtenu de l’assurance maladie les statistiques du nombre de séances d’électrochocs (sismothérapie) remboursés chaque année en France. En 2016 (derniers chiffres publiés), plus de 25 000 séances d’électrochocs ont été comptabilisées, dont un certain nombre réalisées sur des femmes enceintes.

Or, la sismothérapie consiste en un courant électrique pouvant aller jusqu’à 200 volts envoyé directement dans le cerveau du patient. Ce «traitement» entraîne des crises d’épilepsie très importantes pouvant sérieusement menacer la vie de la personne.

En outre, il n’existe aucune preuve scientifique prouvant un quelconque bénéfice. A contrario, de nombreux effets indésirables peuvent survenir tels que des lésions irréversibles au cerveau, des pertes de mémoire plus ou moins importantes, des difficultés à parler et à marcher, etc. Certains patients deviennent de véritables légumes après seulement quelques séances.

L’inventeur des traitements par électrochocs, le psychiatre Ugo Cerletti, avait d’ailleurs affirmé que: «Lorsque j’ai vu la réaction du patient, je me suis dit: “Ça devrait être aboli.”»

En dépit du caractère extrêmement dangereux de la sismothérapie, celle-ci est malgré tout administrée à des femmes portant la vie, pouvant ainsi entraîner un risque pour sa survie et pour celle de son futur enfant.

Par ailleurs, un autre aspect du Congrès sur la santé mentale des femmes inquiète fortement la CCDH: les psychotropes administrés aux femmes enceintes et aux enfants.

En effet, des médicaments psychiatriques tels que la Ritaline sont donnés aux enfants dès l’âge de 6 ans. Ce «traitement» étant sensé guérir le Trouble de Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, peut entraîner des modifications de la pression artérielle, des troubles cardiaques, des cas de mort subite, etc.

À ce sujet, le psychiatre Patrick Landman affirmait que: «Le TDAH n’existe pas scientifiquement: rien n'a été découvert, ni en génétique, ni en biochimie, ni en imagerie.»

En effet, ce soi-disant trouble mental a été ajouté dans le Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux (DSM) après un vote à mains levées de plusieurs psychiatres de l’association américaine de psychiatrie.

En dépit qu’aucune preuve scientifique ne peut clairement et précisément dépister un enfant atteint de TDAH, les enfants sont mis sous Ritaline, une drogue très puissante et dérivée d’une amphétamine classée comme stupéfiant par l’ONU.

Ces faits représentent un véritable problème de santé publique et cela doit cesser.

Le congrès a été organisé en partenariat avec l’Association Européenne de Psychiatrie, qui est elle-même sponsorisée par de nombreux laboratoires pharmaceutiques.

Les organisateurs du congrès sont en conflits d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique (Servier, Astrazeneca, Janssen-Cilag, Lilly, Sanofi, Novartis, etc.), notamment le Docteur Gressier, le Docteur Thibaut, le Docteur Corruble, le Docteur Falissard, et bien d’autres.

La CCDH a donc tenu son exposition dans le même temps pour dénoncer les abus psychiatriques.

Pour toute information, contactez la Présidente de la Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme par e-mail: [email protected]

Source

 

«L’État a le devoir de veiller à ce que nos citoyens les plus vulnérables, y compris les personnes âgées et les personnes handicapées, soient traités de manière à protéger leur santé et leur sécurité et à préserver leur qualité de vie.» – Association américaine des personnes retraitées (AARP) Texas

personne âgée

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La CCDH examine le programme américain de réduction des antipsychotiques pour les résidents des maisons de retraite

Par CCDH International
Organisme de surveillance de l’industrie de la santé mentale
21 juin 2017

À la suite d’un rapport sanitaire des Nations unies, qui recommande que les soins de santé mentale s’éloignent du modèle biomédical, la CCDH examine le plan américain visant à réduire dans les homes le nombre des personnes âgées droguées aux antipsychotiques (1 sur 5) et de celles recevant des électrochocs (plusieurs dizaines de milliers). L’organisation en appelle à davantage de protection pour les personnes âgées.

Le Journal de l’American Medical Association (JAMA) a publié le 15 juin 2017 une étude sur les progrès du plan américain lancé en 2012 par le Center for Medicare and Medicaid Services (CMS) pour réduire l’utilisation des antipsychotiques chez les résidents des maisons de retraite. [1] Selon celle-ci, il y a eu une réduction relative de 33% (de 23,9% à 16,0%) dans la prévalence de l’utilisation des antipsychotiques chez les résidents des maisons de retraite médicalisées au cours des cinq dernières années. [2] L’organisme de surveillance de l’industrie de la santé mentale, la CCDH (Commission des Citoyens pour les Droits de l’Homme), a déclaré que, vu les quelque 270’000 résidents de maisons de retraite encore susceptibles de recevoir des antipsychotiques, en général pour éliminer les problèmes de comportement liés à la maladie d’Alzheimer et à la démence, davantage d’initiatives et une meilleure protection sont nécessaires. [3] La CCDH est également préoccupée par les chiffres publiés par Medicare (programme d’assurance santé pour les personnes de plus de 65 ans) qui montrent que plus de 125’500 traitements par électrochocs ont été pratiqués en une année [4].

La loi fédérale interdit l’utilisation des antipsychotiques et d’autres médicaments psychoactifs pour la commodité du personnel, souvent appelée «restriction chimique». [5] Le rapport du GAO (Government Accountability Office, Bureau de responsabilité du gouvernement) publié en mars 2015 a constaté qu’un nombre élevé de prescriptions d’antipsychotiques constituait toujours une préoccupation majeure depuis l’avertissement émis par la FDA (Food and Drug Administration) que les antipsychotiques peuvent augmenter le risque de décès pour certaines personnes atteintes de démence. «Alors que les prescriptions d’antipsychotiques sont utilisées dans une large proportion pour traiter les symptômes comportementaux, ces médicaments ne sont pas approuvés pour une telle utilisation, et ils représentent des risques pour la santé», déclare le GAO. [6] Les responsables ont fait remarquer que, même si le Département américain de la Santé et des Services sociaux a pris des mesures concernant l’utilisation de ces médicaments dans les maisons de retraite, un travail de sensibilisation est nécessaire pour éduquer les gens sur les risques de les prescrire. [7]

«L’abus de médicaments antipsychotiques comme camisoles de force chimiques est l’une des pratiques les plus courantes et pourtant évitables qui causent de graves préjudices aux résidents des maisons de retraite aujourd’hui.» – Toby Edelman, avocat, Center for Medicare Advocacy à Washington, D.C. [8]

En 2011, l’Inspecteur général du Département américain de la santé et des services sociaux (HHS) a publié un rapport intitulé «Demandes de remboursement atypiques de médicaments antipsychotiques adressées à Medicare pour les résidents des maisons de retraite». Il portait sur les médicaments «atypiques» (plus récents) administrés aux résidents de 65 ans et plus ayant passé plus de 100 jours en maison de retraite et dont les coûts ont été facturés à Medicare sur une période de six mois. Il montrait que 83% des demandes concernaient des affections «non indiquées sur l’étiquette», ou non approuvées par un médecin; 88% étaient liés à la démence, un usage faisant spécifiquement l’objet d’une mise en garde («black box warning») de la FDA. [9] Le programme du CMS visant à réduire l’utilisation des antipsychotiques a ensuite été lancé en mars 2012.

Le rapport de AARP (Association américaine des personnes retraitées) Texas intitulé «Soins intolérables: un instantané de la crise des maisons de retraite du Texas» a révélé que le CMS classait le Texas au 41erang, parmi les pires contrevenants de la nation pour l’administration des antipsychotiques. [10] L’AARP a appelé à de plus grandes sanctions fédérales et étatiques contre les établissements médico-sociaux qui violent les règlements et les dispositions de protection des résidents.

Le Center for Medicare Advocacy, un organisme de droit à but non lucratif, a analysé la surutilisation continue des antipsychotiques dans les maisons de retraite. Il a constaté qu’en 2016 plus de 270’000 résidents de telles institutions étaient toujours généreusement drogués. Le Centre l’a dénoncé comme une maltraitance vis-à-vis des personnes âgées et un «scandale national». [11]

En 2012, selon le rapport du GAO, Medicare Partie D (un programme de médicaments sur ordonnance) a payé environ 363 millions de dollars pour des médicaments antipsychotiques prescrits à des personnes âgées inscrites dans ce programme et atteintes de démence. [12] Le fumarate de quétiapine, la rispéridone et l’olanzapine étaient les antipsychotiques les plus couramment prescrits aux adultes âgés atteints de démence, pour un montant d’environ 246 millions de dollars. Le fumarate de quétiapine était prescrit à 146’868 personnes âgées (48,7% des prescriptions d’antipsychotiques), pour un montant de 158 millions de dollars. La rispéridone a été administrée à 100’108 personnes, représentant 33,2% des résidents, pour un montant de 24 millions de dollars. [13]

 

Effets indésirables

  • En 2005, la FDA a reconnu les risques associés aux antipsychotiques atypiques et a exigé qu’ils soient accompagnés d’un avertissement mentionnant un risque de décès plus élevé chez les personnes atteintes de démence, et en 2008, elle a étendu l’avertissement à des antipsychotiques plus anciens [14].
  • Ces puissantes substances, agissant seules et en interaction avec d’autres médicaments, ont une longue liste d’effets secondaires courants: tremblements, anxiété, confusion, insomnie, immobilité, délire, insuffisance rénale et cardiaque et comportement violent. Une autre conséquence courante : la sédation excessive augmente souvent considérablement les risques de chutes et de fractures. Et chez certaines personnes, notamment celles ayant reçu un diagnostic d’Alzheimer et d’autres types de démence, les drogues psychoactivespeuvent même causer la mort. [15]
  • «Les antipsychotiques atypiques sont très dangereux chez les personnes âgées atteintes de démence; au moins 15’000 d’entre elles meurent chaque année dans les maisons de retraite», a accusé David Graham, analyste de la FDA, en novembre 2004. [16]
  • Les autorités réglementaires de huit pays (États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Irlande, Danemark et Afrique du Sud) ont émis 44 avertissements concernant l’utilisation d’antipsychotiques entraînant des problèmes cardiaques, un gain de poids, le diabète, la manie et la mort ou du moins  un risque accru de décès. Parmi ceux-ci, 11 mettent particulièrement en garde contre l’utilisation de médicaments antipsychotiques chez les personnes âgées atteintes de démence ou de psychose liée à la démence, en raison de leur risque accru d’accident vasculaire cérébral et/ou de décès. [17]
  • Les benzodiazépines (hypnotiques sédatifs) sont également prescrites aux personnes âgées et ont été associées à une augmentation du risque de démence. Une étude publiée dans la revue BMJ a rapporté qu’une équipe de chercheurs de France et du Canada avait établi un lien entre l’utilisation de benzodiazépines et un risque accru de diagnostic de maladie d’Alzheimer. Dans l’étude, plus la dose cumulative de benzodiazépines d’une personne est grande, plus son risque d’Alzheimer est élevé. «Les benzodiazépines sont risquées chez les personnes âgées car elles peuvent causer de la confusion et ralentir les processus mentaux», a déclaré le Dr Anne Fabiny, cheffe de la gériatrie au Cambridge Health Alliance, un hôpital affilié à Harvard. Prendre ces médicaments pendant trois à six mois a augmenté le risque de développer la maladie d’Alzheimer de 32 %, et les prendre pendant plus de six mois a augmenté le risque de 84 %. [18] «Une utilisation injustifiée à long terme de ces médicaments devrait être considérée comme un problème de santé publique», ont conclu les chercheurs. [19]

 

Les électrochocs causent des dommages chez les personnes âgées

«L’électroconvulsivothérapie (ECT) est particulièrement dévastatrice pour le cerveau et le corps vulnérables des personnes âgées… Comme on le prédisait sur la base de la fragilité du cerveau plus âgé, l’ECT provoque un dysfonctionnement cérébral plus grave chez les personnes âgées.» – Journal Ethical Human Psychology and Psychiatry

En plus des prescriptions élevées de médicaments psychotropes chez les personnes âgées, la thérapie par électrochocs, également appelée ECT, qui envoie jusqu’à 460 volts d’électricité au cerveau, est toujours en usage chez les personnes âgées. L’assurance-maladie Medicare a rapporté plus de 21’260 personnes ayant reçu des électrochocs en 2014. Plus de 125’500 traitements par ECT ont été administrés. [20] Entre 2012 et 2014, le programme a versé 29,6 millions de dollars aux médecins (sans compter les anesthésistes, qui mettent le patient en état d’inconscience avant le traitement) pour l’administration et la surveillance de l’ECT.

L’utilisation de l’ECT est probablement beaucoup plus répandue, compte tenu du fait qu’un seul établissement de Floride donne des traitements par électrochocs à environ 125 patients par an, y compris des patients de plus de 90 ans, pour un coût de 1000 à 2500 $ par traitement, ou potentiellement jusqu’à 2,5 millions par an si chaque patient a reçu huit traitements. [21] Il y a plus de 400 établissements psychiatriques aux États-Unis qui administrent des électrochocs et cette industrie est estimée à 2 milliards de dollars par an aux États-Unis. Le traitement est considéré par beaucoup comme dangereux et la CCDH a posté une pétition en ligne contre son utilisation.

En 2011, le journal Ethical Human Psychology et Psychiatrya rapporté que «l’ECT est particulièrement dévastatrice pour le cerveau et le corps vulnérables des personnes âgées... Comme on pouvait le prévoir, vu la fragilité du cerveau plus âgé, l’ECT provoque un dysfonctionnement cérébral plus grave chez les personnes âgées. » [22]

La FDA signale que les événements indésirables potentiellement significatifs associés à l’ECT comprennent : «des ischémies cardiaques [apports sanguins insuffisants au cœur et manque d’oxygène], des arythmies cardiaques [rythme cardiaque anormal], des apnées prolongées [arrêts et redémarrages de la respiration] et même la mort.» [23]

L’AARP Texas souligne que «l’État a le devoir de veiller à ce que nos citoyens les plus vulnérables, y compris les personnes âgées et les personnes handicapées, soient traités de manière à protéger leur santé et leur sécurité et à préserver leur qualité de vie». Elle dit que les maisons de retraite sont réglementées par l’Etat et le gouvernement fédéral à ces fins. Le gouvernement fédéral peut prononcer des sanctions contre les homes qui enfreignent ces règlements. Selon le rapport de l’AARP, ces sanctions «doivent être suffisamment importantes pour les  dissuader de commettre de futures violations». [24]

Ceci est important étant donné que récemment, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la santé, le Dr Dainius Pūras, a appelé à une révolution des soins de santé mentale dans le monde pour «mettre fin à des décennies de négligence, d’abus et de violence» [25].

Selon la CCDH, Cecilia Cavuto, du Département des Personnes âgées et des Services aux personnes handicapées, donne également de bons conseils. «En éliminant les antipsychotiques, nous améliorons la santé des résidents et en procurant aux fournisseurs d’autres outils et thérapies, nous offrons également de meilleurs soins», a déclaré Mme Cavuto. [26] Pour protéger les personnes âgées, ces solutions doivent aussi exclure l’utilisation des électrochocs, dont la CCDH continue de demander l’interdiction. Celle-ci encourage également les gens à mieux s’informer sur les effets indésirables des traitements et à signaler toute violation ou abus dans les maisons de retraites ou les services destinés aux personnes souffrant de troubles du comportement. Les abus psychiatriques peuvent être signalés à la CCDH.

En tant qu’organisme à but non lucratif de surveillance de la santé mentale, la CCDH compte sur les adhésions et les dons pour mener à bien sa mission d’éradication des violations psychiatriques des droits humains et de nettoyage du domaine de la santé mentale. Faites partie du plus grand mouvement de défense des droits humains au monde, qui a contribué à l’adoption de plus de 180 lois protégeant les citoyens contre les pratiques abusives dans le domaine de la santé mentale.

Références:

[1] http://www.todaysgeriatricmedicine.com/enewsletter/enews_0116_01.shtml

[2] Jerry H. Gurwitz, MD; Alice Bonner, PhD, RN; Donald M. Berwick, MD, MPP, “Reducing Excessive Use of Antipsychotic Agents in Nursing Homes,” JAMA, June 15, 2017. doi:10.1001/jama.2017.7032; http://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2633274

[3] http://www.npr.org/sections/health-shots/2014/12/08/368524824/old-and-overmedicated-the-real-drug-problem-in-nursing-homes; 42 C.F.R. PART 483—REQUIREMENTS FOR STATES AND LONG TERM CARE FACILITIES Title 42 – Public Health [iii] “Nursing Home Residents with Alzheimer’s: Drugged to Death?” Senior Care Advice, 4 Nov. 2016, https://seniorcareadvice.com/nursing-home-residents-with-alzheimers-drugged-to-death.htm

[4] Medicare Provider Utilization and Payment Data: Physician and Other Supplier, Centers for Medicare and Medicaid Services, CY 2012 through CY 2014, https://www.cms.gov/research-statistics-data-and-systems/statistics-trends-and-reports/medicare-provider-charge-data/physician-and-other-supplier.html.

[5] http://www.npr.org/sections/health-shots/2014/12/08/368524824/old-and-overmedicated-the-real-drug-problem-in-nursing-homes; 42 C.F.R. PART 483—REQUIREMENTS FOR STATES AND LONG TERM CARE FACILITIES Title 42 – Public Health [v]

[6] P. 4, http://www.gao.gov/products/GAO-15-211; http://www.gao.gov/assets/670/668221.pdf.

[7] Alexandra Sifferlin “Antipsychotics Frequently Prescribed to Adults with Dementia Despite Risks,” TIME, 2 Mar. 2017, http://time.com/3728312/antipsychotics-dementia/.

[8] “Antipsychotics in Nursing Homes: These dangerous medications are prescribed at an alarming rate without the patient’s consent,” AARP, Aug. 2004, http://www.aarp.org/health/drugs-supplements/info-2014/antipsychotics-overprescribed.html.

[9] https://seniorcareadvice.com/nursing-home-residents-with-alzheimers-drugged-to-death.htm.

[10] “Reform intolerable care in Texas nursing homes,” Express-News, 3 April, 2017, http://www.mysanantonio.com/opinion/commentary/article/Reform-intolerable-care-in-Texas-nursing-homes-11047332.php; http://states.aarp.org/wp-content/uploads/2017/01/INTOLERABLE-CARE.pdf.

[11] “Nursing Home Residents With Alzheimer’s: Drugged to Death?,” Senior Care Advice, 4 Nov. 2016, https://seniorcareadvice.com/nursing-home-residents-with-alzheimers-drugged-to-death.htm.

[12] http://www.gao.gov/products/GAO-15-211, P. 10; http://www.gao.gov/assets/670/668221.pdf.

[13] P. 20, http://www.gao.gov/products/GAO-15-211; http://www.gao.gov/assets/670/668221.pdf.

[14] P. 8, http://www.gao.gov/products/GAO-15-211; http://www.gao.gov/assets/670/668221.pdf.

[15] “Nursing Home Residents With Alzheimer’s: Drugged to Death?,” Senior Care Advice, 4 Nov. 2016, https://seniorcareadvice.com/nursing-home-residents-with-alzheimers-drugged-to-death.htm.

[16] Martha Rosenberg, “The Most Popular Drug in America Is an Antipsychotic and No One Really Knows How It Works,” Alternet, 13 Nov 2014, http://www.alternet.org/most-popular-drug-america-antipsychotic-and-no-one-really-knows-how-it-works; http://www.lifeextension.com/magazine/2012/10/the-fda-exposed-an-interview-with-dr-david-graham/page-01    David Graham’s testimony was before Congress in November 2004.

[17] https://www.cchrint.org/psychdrugdangers/.

[18] “Benzodiazepine use may raise risk of Alzheimer’s disease,” Harvard Health Publications, Harvard Medical School, 10 Sept. 2014, http://www.health.harvard.edu/blog/benzodiazepine-use-may-raise-risk-alzheimers-disease-201409107397.

[19] Phil Hickey, “More on Benzos and Cognitive Damage,” Behaviorism and Mental Health, Oct. 28, 2014, http://www.behaviorismandmentalhealth.com/2014/10/28/more-on-benzos-and-cognitive-damage/.

[20] Medicare Provider Utilization and Payment Data: Physician and Other Supplier, Centers for Medicare and Medicaid Services, CY 2012 through CY 2014, https://www.cms.gov/research-statistics-data-and-systems/statistics-trends-and-reports/medicare-provider-charge-data/physician-and-other-supplier.html.

[21] https://www.usatoday.com/story/news/nation/2013/08/18/electro-shock-therapy-sees-a-resurgence/2668073/.

[22] “The FDA Should Test the Safety of ECT Machines,” Ethical Human Psychology and Psychiatry, Volume 12, Number 2, 2010; http://www.ingentaconnect.com/content/springer/ehpp/2010/00000012/00000002/
art00007?crawler=true.

[23] “FDA Executive Summary Prepared for the January 27-28, 2011 meeting of the Neurological Devices Panel Meeting to Discuss the Classification of Electroconvulsive Therapy Devices (ECT),” p.6.

[24] http://states.aarp.org/wp-content/uploads/2017/01/INTOLERABLE-CARE.pdf.

[25] “World needs ‘revolution’ in mental health care – UN rights expert,”http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=21689&LangID=E#sthash.MMIxDbIx.dpuf; http://www.ohchr.org/EN/
NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=21689&LangID=E.

[26] http://www.tylerpaper.com/TP-News+Health/222140/25-of-texas-nursing-home-residents-getting-antipsychotic-drugs.

 

femme enceinte

Juin 2018 – On apprend que le Conseil fédéral va évaluer l’ampleur des dégâts de l’antiépileptique Dépakine sur les femmes enceintes et les nouveaux-nés en Suisse.

Nous sommes en 2018 et ce médicament est commercialisé depuis 1970 !

On sait depuis longtemps que près du tiers des enfants exposés au médicament pendant la grossesse naissent avec des malformations et des troubles du développement et malgré cela, après bientôt 50 ans, on autorise toujours ce produit pour les femmes enceintes. Pour quelle raison ?

Ce n’est d’ailleurs pas le seul médicament psychotrope nuisible qui continue d’être prescrit malgré ses effets secondaires dangereux. Prenons par exemple les antidépresseurs.

Une multitude d’études et de mises en garde avertissent de leurs risques nombreux et parfois mortels, tels violence et suicide. D’autres études scientifiques démontrent leur manque d’efficacité. Sans compter qu’il existe des alternatives naturelles, efficaces et sans danger.

Pourquoi ces dernières ne sont-elles pas propagées à grande échelle ? Est-ce parce qu’elles menacent certains intérêts ?

Combien de temps faudra-t-il attendre encore avant que le profit ne prime plus sur le bien des patients ?

 

«Les appareils dECT (électroconvulsivothérapie) sont un retour à lâge de la torture primitive, de lignorance et de la barbarie... Lannée dernière, la CCDH a fait plus que toute autre organisation pour lutter contre la proposition indéfendable de la FDA (Food and Drug Administration) de rendre les appareils de thérapie par électrochocs beaucoup plus disponibles pour un usage psychiatrique.» – Jonathan Emord, avocat constitutionnel et lauréat du «CCHR Human Rights Award» de 2017

Article original de CCHR International
10 mars 2017

Un avocat constitutionnel de premier plan, un psychologue et une éducatrice, tels sont les lauréats du Prix des droits de l’Homme lors de la célébration du 48e anniversaire de la Commission des citoyens sur les droits de l’homme (CCDH), un organisme de surveillance de la santé mentale. L’événement, organisé à Los Angeles le 4 mars, accueillait des centaines d’invités du monde entier honorant les lauréats pour leur travail dans le domaine de la réforme de la santé mentale.

Parmi les affaires dont il s’occupe, l’avocat constitutionnel Jonathon W. Emord remet actuellement en cause la proposition bizarre et dangereuse de la Food and Drug Administration (FDA) visant à réduire la classification des risques du traitement par électrochocs (ECT), ce qui favoriserait une utilisation plus large de cette procédure créant des dommages au cerveau, avec une mise en danger des enfants.

Emord a gagné contre la FDA au Tribunal fédéral plus de fois que tout autre avocat dans l’histoire américaine, ce qui lui a valu le titre de «FDA Dragon Slayer» (tueur du dragon FDA).[1] Il est aussi le chroniqueur de la Justice américaine pour le USA Today Magazine. [2]

En recevant le prix, M. Emord a déclaré: «Les dispositifs ECT sont un retour à l’âge de la torture primitive, de l’ignorance et de la barbarie, où matraquer les personnes souffrant de dépression et de psychoses pour les mettre dans un état d’inconscience était considéré comme thérapeutique. L’année dernière, la CCDH a fait plus que toute autre organisation pour lutter contre la proposition indéfendable de la FDA de rendre les appareils d’électroconvulsivothérapie plus disponibles pour un usage psychiatrique, ce qui aurait pour effet de multiplier les horreurs et d’aggraver les problèmes auxquels sont confrontés les patients dans le besoin... Les électrochocs doivent être interdits.»

Dr Toby Watson, psychologue clinicien et lauréat du «CCHR Human Rights Award» 2017

Un des autres lauréats était le Dr Toby Watson, un psychologue clinicien du Wisconsin. Ancien psychologue en chef du Département des corrections du KMCI (Kettle Moraine Correctional Institution (prison de moyenne sécurité) de l’Etat du Wisconsin et dernier directeur exécutif international de la Société internationale de psychologie éthique et psychiatrie (ISEPP), il a soumis des témoignages écrits et des recherches à la FDA sur les dangers des antidépresseurs ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine) et de l’ECT. Il a aussi témoigné devant le Congrès du Mexique contre l’usage de psychotropes chez les enfants et a informé depuis 15 ans les tribunaux et les gens sur les effets néfastes du traitement psychiatrique, notamment sur la façon dont les psychotropes peuvent causer des comportements violents et suicidaires.

Il a remercié la CCDH pour lui avoir décerné ce prix, mais a ajouté: «En réalité, je n’aurais jamais dû me retrouver dans la position de devoir contester le comportement féroce, trompeur et manifestement contraire à l’éthique de tant de psychiatres, psychologues et compagnies pharmaceutiques.»

La CCDH, a-t-il dit, «fait un travail incroyable en luttant non seulement pour notre société et nos enfants, mais pour les enfants de nos enfants... J’attends avec impatience le jour où on cessera de considérer l’enfance comme une maladie mentale» et où on verra de nombreux autres professionnels du système de santé mentale reconnaître qu’aucun enfant ne devrait recevoir une étiquette de «trouble mental» et être drogué.

Sonya Muhammad, ancienne éducatrice et assistante sociale, lauréate du «CCHR Human Rights Award» 2017

Troisième à recevoir cet «Award», Sonya Muhammad est une ancienne éducatrice et assistante sociale qui a tiré la sonnette d’alarme concernant l’administration de drogues psychiatriques aux enfants dans le système de placement familial de Los Angeles où elle a travaillé pendant 12 ans. Dans une présentation vidéo percutante sur son travail, elle a expliqué en détail comment les enfants étaient retirés de leur famille, traumatisés et faussement «diagnostiqués» comme étant malades mentaux, afin qu’on puisse les mettre sous médicaments psychiatriques. Elle a parlé des évaluations psychiatriques frauduleuses données à ces enfants, et même à des enfants de deux ans qui ont été étiquetés comme ayant un «trouble bipolaire» parce qu’ils n’avaient pas renvoyé une balle roulant vers eux. Elle a défié le système et a maintenant rédigé un modèle de règlement qu’elle veut faire adopter et introduire par le Service de protection de l’enfance de l’État et qui définirait l’usage néfaste de psychotropes sur les enfants de foyer d’accueil comme un «abus chimique», qui pourrait être poursuivi en vertu des lois de l’Etat relatives aux abus sur des enfants.

Plus de 23 millions de dollars ont été dépensés chaque année en médicaments psychotropes administrés aux enfants placés en foyer d’accueil en Californie, alimentant une industrie psycho-pharmaceutique à but lucratif.

En acceptant le prix, Mme Muhammad a déclaré: «C’est un honneur incroyable. Il y a environ dix ans, j’ai fait la connaissance de la CCDH, qui a été la première à s’intéresser à mes préoccupations au sujet de l’usage effréné de psychotropes chez les jeunes placés en famille d’accueil. Je me suis toujours sentie libre de dire en leur présence que je considérais ces pratiques d’administration de drogues dangereuses. Administrer ces drogues à des enfants est une infraction négligente, égoïste et criminelle contre de précieuses vies qui n’ont aucune possibilité de se faire entendre.

Lorsque la CCDH m’a informée que j’avais été sélectionnée pour recevoir ce prix, j’étais très contente. Mais quand j’ai réfléchi au fait que les enfants continuaient à être drogués, je savais que nous avions encore plus de travail à faire... La CCDH est le leader dans la lutte pour que ces pratiques soient totalement interdites.»

Son travail, a-t-elle ajouté, est un «effort phénoménal pour sauver les esprits et les vies de milliers d’enfants à l’échelle nationale et internationale. Merci à la CCDH pour son courage, son engagement, son leadership et son assiduité».

Jan Eastgate, présidente de la CCDH Internationale, a déclaré que la CCDH a été fondée en 1969 dans l’esprit de la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations Unies, qui «constitue un accord général affirmant que nous avons tous le droit à la vie et à la liberté, le droit de ne pas être torturé ni soumis à un traitement dégradant et des droits égaux devant la loi». L’Église de Scientologie a établi la CCDH en collaboration avec le regretté Dr Thomas Szasz, professeur de psychiatrie et auteur de renommée mondiale. La CCDH a été fondée exclusivement pour exposer les violations psychiatriques, car, alors que les violations des droits de l’homme sont évidentes dans nombre de domaines différents, c’est dans le domaine de la santé mentale qu’elles sont le plus tolérées, largement financées et légalement protégées.

Madame Eastgate a ajouté que la CCDH mène actuellement des enquêtes et a déposé des milliers de plaintes auprès d’agences et de législateurs étatiques et fédéraux au sujet des fraudes et des abus massifs de l’industrie psychiatrique, une industrie à but lucratif qui met également des vies en danger.

La CCDH Internationale continue à s’engager et à travailler afin:

  1. d’interdire l’utilisation des électrochocs.
  2. de faire adopter des règlements définissant l’administration de psychotropes aux enfants en famille d’accueil ce qui met leur vie en danger comme «abus chimique», pouvant être poursuivis en vertu des lois étatiques relatives aux abus sur les enfants.
  3. de mener à bien une enquête nationale sur le rôle des drogues psychotropes (sources de violence et de suicide) dans les tueries survenues dans des écoles et lors d’autres crimes violents, ainsi que dans l’augmentation des taux de suicide.
  4. de réaliser une enquête nationale sur les fraudes et les abus des hôpitaux psychiatriques, une industrie à but lucratif, ainsi que sur les réglementations adoptées contre ces fraudes et abus.

Références

[1] www.huffingtonpost.com/entry/attorney-jonathan-emord-takes-on-fda-over-electroshock_us_57c09e11e4b0b01630de9f78

[2] www.emord.com/Jonathan-Emord.html

 


La loi qu’a fait voter la députée Nora Espinoza est celle qui s’oppose le plus fortement à la prescription de drogues psychiatriques aux enfants jamais promulguée aux Etats-Unis pour la protection des enfants.

  • Pas de prescription forcée de drogues psychiatriques.
  • Pas de dépistage mental obligatoire.
  • Pas d’enfants retirés de leur foyer quand les parents s'opposent à la prescription de drogues psychiatriques.

Pour afficher les sous-titres en français ou en anglais, sélectionnez la langue de votre choix, français ou anglais, dans les paramètres (roue dentée en bas à droite de la vidéo).

 

présentée aux Chambres Fédérales et au Conseil Fédéral.

Ugo Cerletti

En 1938, le psychiatre italien Ugo Cerletti, inspiré par une méthode pratiquée dans les abattoirs pour étourdir les porcs avant de les saigner, introduisit le traitement par électrochocs en psychiatrie.

Actuellement, il est pratiqué sous anesthésie générale, ce qui en atténue les manifestations spectaculaires (angoisses, tétanisations et secousses du corps), mais malheureusement pas les effets secondaires.

L’électrochoc, appelé aussi électroconvulsivothérapie (ECT) ou sismothérapie, consiste en l’application de deux électrodes sur la tête pour faire passer des décharges électriques à travers le cerveau, avec pour but de provoquer volontairement une crise convulsive sévère (crise d’épilepsie).

Le processus endommage toujours le cerveau, résultant chaque fois en un coma temporaire.

Après un, deux ou trois ECTs, le traumatisme cause les symptômes typiques d’un traumatisme crânien ou d’une blessure sévère à la tête, incluant migraine, nausée, perte de mémoire, désorientation, confusion, jugement diminué, perte de personnalité et instabilité émotionnelle.

L’ECT altère la mémoire de manière permanente et provoque d’autres signes de dysfonctionnement mental à long terme, tels que des difficultés de concentration et une baisse des capacités cognitives (apprentissage et pensée).

L’ECT est en général utilisé lorsque les traitements par psychotropes ont échoué. Aucune étude n’a démontré d’efficacité à long terme de l’ECT.

En raison de ses graves effets secondaires, de son manque de validité scientifique et parce qu’à ce jour, on n’a toujours pas pu expliquer son effet réel sur le cerveau, les soussignés demandent que l’électrochoc (sismothérapie) soit aboli en Suisse et qu’une loi soit votée dans ce sens.

Cliquez pour signer la pétition en ligne

 

Pourriez-vous imaginer que votre enfant puisse prendre quotidiennement un dérivé d’amphétamine classé comme stupéfiant par l’ONU?

Pourriez-vous imaginer qu’un psychiatre puisse prescrire cette drogue à votre enfant pour une “maladie” inventée, non prouvée scientifiquement?

En lisant ce document, vous allez découvrir que des dizaines de milliers d’enfants subissent cette situation dramatique de vivre sous stupéfiant: la Ritaline*.

Comment en est-on arrivé là?

Qui est à l’origine de ce scandale?

Quelles sont les conséquences pour nos enfants et la société?

Il est temps que les parents, les responsables de la santé et les politiques soient informés, s’interrogent et prennent des décisions pour l’intérêt de la santé et l’avenir des enfants.

* Le principe actif de la Ritaline, le méthylphénidate, est également prescrit sous d’autres
noms commerciaux: Concerta, Quasym et Medikinet.

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