Traitements psychiatriques dans les prisons. Quels risques pour les détenus?

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La presse s’est récemment fait l’écho du drame qui s’est produit dans une prison zurichoise où une mère infanticide s’est suicidée.

On apprend que les cas sont de plus en fréquents. 51 personnes se seraient suicidées en détention préventive entre 2003 et 2013.

Le débat s’ouvre à nouveau sur les conditions de détention, mais qu’en est-il du suivi psychiatrique et des traitements médicamenteux prescrits aux détenus?

Dans le canton de Genève par exemple, on sait que 35% à 45% des détenus consomment des psychotropes.

Cette maman venait de sortir de l’hôpital psychiatrique. En prison, elle prenait encore des psychotropes. Quels en ont été les effets?

De nombreuses mises en garde officielles dénoncent les effets secondaires graves des médicaments psychiatriques sur un plan international. Parmi eux, on trouve notamment: anxiété, agitation, troubles sanguins, hallucinations, hostilité, dépression psychotique, myocardite fatale, crise cardiaque, psychose, atteinte hépatique grave, diabète, crises d’épilepsie, suicide, violence et mort.

Dans le livre de Georges-Alexandre Imbert «Crimes sous tranquillisants», le Dr Véronique Vasseur révèle que plus de la moitié des détenus en France sont abrutis de tranquillisants et de somnifères donnés copieusement par le service psychiatrique sous le regard bienveillant de l’administration pénitentiaire. Elle dit aussi: «Lorsqu’on a des prisons indignes, le meilleur remède pour éviter la colère collective et garder son établissement dans une relative quiétude est de laisser circuler massivement du shit et des psychotropes.»

Le taux de suicide dans les prisons françaises est le plus fort en Europe et la plupart des détenus qui se suicident ou tentent de le faire sont suivis en psychiatrie.

Tout détenu a sa part de responsabilité par rapport à l’acte criminel commis, mais au vu des effets dévastateurs des traitements psychiatriques, ne serait-il pas temps de remettre en question ces traitements psychiatriques et rendre aussi responsables les prescripteurs?